PubGazetteHaiti202005

RNDDH: 8 morts, 9 sous-commissariats incendiés/ pillés, 2 prisons vidées de ses détenus, depuis 29 février

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Dans un document mis en ligne ce mercredi 6 mars 2024, le Réseau National de Défense des Droits Humains a fait un bilan en termes de dégâts humains et matériels après l’escalade de violences qui s’est abattue sur la capitale haïtienne et ses environs. Le Réseau National rapporte que 8 morts ont été recensés, 9 sous-commissariats incendiés ou pillés, 21 institutions vandalisées et 2 prisons ont été vidées de ses détenus. Le RNDDH critique la passivité des autorités.
 
Depuis le 29 février, Haïti est plongé dans une spirale de violence croissante, exacerbant une crise politique et sociale déjà profonde. Un récent rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) met en lumière l'ampleur de la situation, avec des conséquences dévastatrices pour la population haïtienne.


Le rapport révèle des statistiques alarmantes : huit morts, neuf sous-commissariats incendiés ou pillés, vingt-et-une institutions vandalisées, deux prisons vidées de leurs détenus ainsi qu’un centre de rétention. Ces actes de violence généralisée ont créé un climat d'insécurité et de terreur, mettant en danger la vie de nombreux Haïtiens et sapant les efforts de reconstruction et de développement dans le pays.


Du 29 février au 3 mars 2024, parmi les huit morts, l’on compte six (6) agents.es de la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui étaient en poste au sous-commissariat de Bon Repos. Les autres sont deux (2) marchandes non identifiées, qui se trouvaient à la Rue Cameau.  « Il a aussi été rapporté qu’au cours de cette même période, les cadavres de plusieurs personnes dont des détenus qui tentaient de s’évader, ont jonché les rues de diverses communes du département de l’Ouest. Certains de ces corps sont restés sur place et ont été dévorés par des chiens et des cochons », indique le RNDDH pour décrire la scène immonde.


Les attaques contre les sous-commissariats de police, les institutions publiques et les prisons témoignent d'un manque flagrant de respect pour l'État de droit et les droits humains fondamentaux, selon le RNDDH qui appelle à une action immédiate pour mettre fin à cette spirale de violence et garantir la sécurité des citoyens.
 
Des cas d’enlèvements ont été aussi été répertoriés par le RNDDH durant cette période. Les bandits armés ont profité du chaos qu’ils ont instauré pour enlever plusieurs personnes. Selon le RNDDH, le 1er mars 2024, à la rue de l’Enterrement, Port-au-Prince, des bandits armés ont pris d’assaut le presbytère de la paroisse de Sainte Anne et ont enlevé le curé de la paroisse, le révérend père Alain MICHEL qui par la suite a été libéré. Et aussi, le 5 mars 2024, à la Croix-des-Bouquets, des bandits armés ont investi la résidence des sœurs de la congrégation Saint Joseph de Cluny et ont enlevé trois (3) religieuses, lit-on dans le document du RNDDH.
 
Le Réseau National de Défense des Droits Humains rapporte également que dans la soirée du 2 mars 2024, la Prison Civile de Port-au-Prince a été vidée de sa
population, suite à une attaque orchestrée et perpétrée par des bandits armés. La population carcérale de cette prison était estimée à 3,687 détenus dont 3,355 en détention préventive et seulement 332 condamnés, soit 91 % de la population carcérale totale de ce centre qui étaient en attente de jugement et seulement 9% qui étaient déjà fixés sur leur sort. Seuls 99 detenus ont choisi de rester. Ils ont été conduits au Centre de Réinsertion des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL). 
 
Durant cette même nuit, la Prison civile de la Croix-des-Bouquets a été vidée
de sa population suite à une attaque orchestrée par des bandits armés. La population carcérale de cette prison était estimée à 1, 036 détenus dont 805 en détention préventive et 231 condamnés, soit 78 % parmi les détenus qui étaient en attente de jugement et seulement 22 % d’entre eux qui étaient déjà fixés sur leur sort. 

De plus, selon le RNDDH, dans la soirée du 3 mars 2024, six (6) parmi les agents de la PNH qui étaient en isolement au commissariat de Delmas 33 se sont évadés.

Selon le RNDDH, les agents de la DAP affectés à ces centres carcéraux n’ont pas été secourus et la sécurité aux alentours des prisons ciblées n’a pas été renforcée. « La seule mesure qui a  alors été adoptée par les autorités a été d’ordonner de déplacer les blindés qui étaient postés aux abords de la Prison civile de Port-au-Prince. C’est donc sans  surprise et surtout, avec une facilité déconcertante, que les bandits armés ont pu attaquer ces prisons, portant des milliers de personnes en conflit avec la Loi, à s’évader », dénonce le RNDDH dans ce document.

 
Le 29 février 2024, l’Aérogare Guy Malary a été criblée de balles par des bandits
armés. 1 policier G.S., Agent I issu de la vingt-huitième promotion et affecté au
Commissariat de l’Aéroport a reçu trois (3) projectiles au dos. De nombreuses vitres ont été cassées. Vingt-trois (23) impacts de balles ont été constatés dont sept (7) ont atteint la salle d’attente de l’aérogare. Deux (2) autres ont percé un avion appartenant à la compagnie aérienne Sunrise Airways, selon le rapport du RNDDH.
 
Par ce document, le RNDDH veut démontrer  l’ampleur du chaos dans lequel vit le peuple haïtien. L’institution estime qu’aucune mesure n’aidera à rétablir l’ordre « si les bandits armés restent aussi puissants, si la hiérarchie de la Police Nationale d’Haïti (PNH) continue d’être de connivence avec eux et s’ils continuent eux-mêmes de bénéficier de la protection des autorités judiciaires et politiques haïtiennes. »
 
Aussi, le RNDDH déplore le fait par les policiers.ères d’avoir abandonné les rues « car, à défaut de pouvoir venir en aide à la population, leur présence joue un rôle important dans le retour au calme et est de nature à éviter la perpétration de certains actes délictueux ».


En fin, le RNDDH recommande aux « secteurs vitaux de la Nation de doter le pays d’un gouvernement non prédateur des Droits Humains, formé d’hommes et de femmes intègres, compétents et engagés à : Rendre fonctionnelles les institutions de l’Etat ; Tout mettre en œuvre en vue de reprendre le contrôle du territoire national dans son ensemble ; Réappréhender tous les détenus qui se sont évadés ; Enquêter sur les derniers événements ayant conduit à l’évasion de la population carcérale des prisons de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets ; Enquêter sur l’évasion des policiers en isolement, enregistrée au commissariat de
Delmas 33. »


Le RNDDH demande d’Arrêter, de juger et de condamner « tous ceux qui sont impliqués dans l’orchestration et la perpétration des attaques contre les centres de détention et de rétention susmentionnés ; Démanteler les gangs armés ; Arrêter, juger et condamner les bandits armés qui sèment la terreur dans le pays ; Démettre le haut état-major de la PNH de ses fonctions et entamer des poursuites judiciaires contre ses membres pour n’avoir pas empêché l’escalade de la violence dans le pays, aggravée par les récentes évasions de prisons. »
 
 

 


Par: Daniel Zéphyr

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